Taxi 5

Taxi 5

Sylvain Marot, super flic parisien et pilote d’exception, est muté contre son gré à la Police Municipale de Marseille. L’ex-commissaire Gibert, devenu Maire de la ville et au plus bas dans les sondages, va alors lui confier la mission de stopper le redoutable « Gang des Italiens », qui écume des bijouteries à l’aide de puissantes Ferrari. Mais pour y parvenir, Marot n’aura pas d’autre choix que de collaborer avec le petit-neveu du célèbre Daniel, Eddy Maklouf, le pire chauffeur VTC de Marseille, mais le seul à pouvoir récupérer le légendaire TAXI blanc.

C’est une suite qui ne va pas plaire à tout le monde. Mais bon… Dix ans après le quatrième volet de « Taxi », Luc Besson a confié les clés de son bébé à l’acteur-réalisateur Franck Gastambide et la joyeuse bande de « Pattaya », succès surprise de 2016 avec plus de 2 millions d’entrées. Ou l’histoire de trois potes de banlieue qui partaient en vacances en Thaïlande pour le meilleur…  et pour le pire. Le cinéaste-producteur le plus puissant du cinéma français aurait pu choisir la sécurité. Faire appel à un vieux routier de la mise en scène et convoquer le duo Samy Naceri-Frédéric Diefenthal, alias Daniel et Emilien.

Le patron d’Europacorp a préféré miser sur la nouvelle génération, ses héros et son humour, au risque de laisser les fans de la première heure sur le bord de la route. Sorti samedi dernier dans 50 salles à Marseille et sa région, le film y a cumulé plus de 55 000 entrées en deux jours. Un score impressionnant qui semble donner raison au créateur d’une saga dont les quatre premiers épisodes ont réuni 27 millions de spectateurs, entre 1998 et 2007. Ce triomphe précoce va-t-il s’étendre au reste de la France ? Sans doute que oui, malgré des défauts de fabrications assez apparents. Résumons.

Gastambide-Bentalha, un duo bien rodé

Sylvain Marot, un flic parisien interprété par Franck Gastambide, est muté à la police municipale de Marseille après avoir fauté avec la femme du préfet. A son arrivée, il est accueilli par Alain Trésor (Edouard Montoute), l’un des rares survivants des opus précédents. L’autre revenant, c’est l’ex-commissaire Gibert, devenu maire, mais toujours incarné par l’inénarrable Bernard Farcy. Lancé sur la piste d’une bande de braqueurs italiens qui pillent les bijouteries de la région, Marot va devoir faire équipe avec Eddy Makhlouf, le neveu de Daniel, un chauffeur (chauffard ?) Uber écrit sur mesure pour Malik Bentalha. 

Le tandem reformé de « Pattaya » est le principal atout de « Taxi 5 ». Dans la grande tradition des duos comiques à la française, l’ex-« Kaïra » et l’ancien pilier du Jamel Comedy Club se complètent à merveille. Leur petit numéro est bien rodé : l’un joue la brute épaisse, un rien naïf, surtout avec les filles. L’autre le boulet grand gueule qui lâche le premier dès qu’il y a du grabuge. Autour d’eux, une galerie de copains déjà vus dans « Pattaya » : Ramzy Bédia, Sabrina Ouazani, Anouar Toubali ou encore Monsieur Poulpe, passé comme son réalisateur par l’école des web-séries, pépinières de nouveaux talents de la comédie.

C’est d’ailleurs le principal écueil de « Taxi 5 » : à défaut d’une intrigue qui tient la route, le film mise tout sur ses gags, souvent énormes. Le résultat est inégal, surtout lorsque le jeune cinéaste force la dose au rayon pipi-caca. Mais ça donne des moments très réussis comme le striptease « enflammé » de Malik Bentalah pour sa fiancée américaine. La capture de Sylvain et Eddy par les braqueurs italiens au terme de la planque la plus foireuse de l’histoire de la comédie française. Ou cette poursuite en voiture brutalement interrompue par un « lancer de grosse ». Vous avez bien lu. 

C’est fun, c’est trash, outrancier. De mauvais goût ? Sans doute un peu beaucoup aussi. Mais Franck Gastambide assume et se fait plaisir, s’appropriant les codes de la saga avec une irrévérence certaine. La mythique Peugeot 407 de la saga peut en témoigner… Too much ? Le grand public auquel le film est destiné jugera. Et permettra, qui sait, à son auteur de décrocher

César du public devant les Tuche et les Ch’tis. On imagine déjà la tronche de la salle Pleyel.

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