Que Dios Nos Perdone

 

Que Dios Nos Perdone

 

Nationalité espagnol

 

Madrid, été 2011. La ville, plongée en pleine crise économique, est confrontée à l’émergence du mouvement des « indignés » et à la visite imminente du Pape Benoît XVI.
C’est dans ce contexte hyper-tendu que l’improbable binôme que forment Alfaro et Velarde se retrouve en charge de l’enquête sur un serial-killer d’un genre bien particulier. Les deux inspecteurs, sous pression, sont de surcroît contraints d’agir dans la plus grande discrétion…
Une course contre la montre s’engage alors, qui progressivement les révèle à eux-mêmes ; sont-ils si différents du criminel qu’ils poursuivent ?

 

Alors que le polar est mort en France, les Espagnols alignent les pépites dans le genre noir. La dernière ? Un thriller haletant, glauque et hyper violent, qui vous fera regretter d’avoir vécu un peu trop longtemps…L’argument : Madrid, été 2011. La ville, plongée en pleine crise économique, est confrontée à l’émergence du mouvement des « Indignés » et à la visite imminente du Pape Benoît XVI. C’est dans ce contexte hyper-tendu que l’improbable binôme que forment Alfaro et Velarde se retrouve en charge de l’enquête sur un serial-killer d’un genre bien particulier. Les deux inspecteurs, sous pression, sont de surcroît contraints d’agir dans la plus grande discrétion… Une course contre la montre s’engage alors, qui progressivement les révèle à eux-mêmes ; sont-ils si différents du criminel qu’ils poursuivent ?Notre avis : Le noir leur va si bien.
Sous la chaleur étouffante du ciel madrilène, le thriller. Osé. Haletant. Plombant.
Un genre qui sied bien à nos voisins de la péninsule ibérique qui alignent les jalons dans le domaine avec chaque été en France, un trouble-fête, qui vient assombrir notre humeur festive par sa radicalité, son pessimisme et son audace que l’on ne trouve plus depuis longtemps dans notre cinématographie bipolaire, partagée exclusivement entre comédies populaires, biopics et films d’auteur psychologiques.

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(C) Le Pacte Distribution

Rodrigo Sorogoyen, que l’on a découvert en France à Beaune en 2017, avec ce troisième long, devient l’auteur d’une bombe. Un peu à retardement, car le début, caméra à l’épaule, nous fait chercher nos repères, pendant bien quelques minutes, dans une réalisation que l’on espère un peu moins dans la recherche du style que La Isla Minima et un peu plus dans l’action. On aura le style, l’ambiance et une enquête terrassante.
Dès le départ, le sujet inquiète, émeut, voire choque. Et très vite, la trame nous bousculera, tout en restant dans les codes du cinéma noir. Ce n’est ni Gaspar Noé qui réalise, ni Gerard Johnson (Hyena) ou Nicolas Winding Refn.

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(C) Le Pacte Distribution

Le tueur en série du bien-nommé Que Dios Nos Perdone n’est pas un amateur de bombas latinas à trucider à la chaîne, mais bel et bien un tueur de vieilles dames, violemment assassinées dans leur troisième âge, mais aussi outragées, violées.
Il fallait oser pareil script tortueux où flics et tueur abject partagent un goût détestable pour la violence, celle qui, pour l’un, incite à passer à tabac un collègue au risque de lui faire perdre la vue, ou pour l’autre de malmener la femme désirée avec la brutalité d’une frustration enfin libérée. Quant au troisième, la deuxième partie du film, que l’on qualifierait d’éminemment malsaine dans la peinture des scènes de crime et la chorégraphie de la mise à mort d’une vieille dame, il est probablement l’un des rejetons les plus sauvages du polar américain des années 90, époque sordide et pourtant jouissive de Se7en de Fincher ou Le Silence des Agneaux de feu Jonathan Demme.

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(C) Le Pacte Distribution

Multi-récidiviste dans les nominations aux Goya, ce Prix Sang Neuf à Beaune 2017 est l’effroyable cauchemar sensoriel à s’imposer pour rafraîchir une soirée d’été caniculaire. Les amateurs exulteront devant ce pur cinéma de genre malaisé qui aime s’immiscer dans les anicroches mentales des cerveaux les plus déséquilibrés. Efficacité testée et approuvée.

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