Le Retour du Héros

Le Retour du Héros

Synopsis et détails

Elisabeth est droite, sérieuse et honnête. Le capitaine Neuville est lâche, fourbe et sans scrupules. Elle le déteste. Il la méprise. Mais en faisant de lui un héros d’opérette, elle est devenue, malgré elle, responsable d’une imposture qui va très vite la dépasser…

Jean Dujardin et Mélanie Laurent irrésistibles

A la réalisation du « Retour du héros », Laurent Tirard a déjà fait ses preuves avec « Astérix et Obélix : Aux services de sa Majesté », le deuxième meilleur opus de la franchise, et les deux très honnêtes films du « Petit Nicolas ». Dans sa nouvelle comédie, le tandem Jean Dujardin – Mélanie Laurent fonctionne à merveille : un vaudeville napoléonien inattendu.

Une tradition française

L’intrigue du « Retour du héros » rappelle « Le Retour de Martin Guerre » (Daniel Vigne, 1982) où, au Moyen-Age, un soldat, tenu pour mort, réapparaissait dans son village, générant toutes les suspicions sur sa véritable identité. Traité sur un ton dramatique, le sujet laisse place à une comédie enlevée, légère et savoureuse.Les comédies historiques sont denrées rares, alors qu’elles firent les beaux jours du cinéma français dans les années 50-60, avec des Christian-Jaque (« Fanfan la Tulipe »), André Hunnebelle (« Cadet-Rousselle »), ou Philippe de Broca (« Cartouche »). Il y a bien eu des tentatives avec le remake du film avec Gérard Philipe, ou « Le Bossu », mais ce furent des échecs. Laurent Tirard renoue heureusement avec le genre, grâce à une écriture évocatrice d’un Marivaux sous la plume d’un Sacha Guitry. Une tradition bien française, servie par un duo de charme, Jean Dujardin et Mélanie Laurent, qui varie sur le ton d’un « Je t’aime, moi non plus ».

Plaisir dramatique

L’unité de lieu et d’action, située dans une belle propriété de l’aristocratie d’Empire, colle parfaitement au ton d’une pièce. L’interprétation, avec nombre d’acteurs dramatiques, comme Féodor Atkin ou Evelyne Buyle, confirme ce choix de mise en scène, dans un registre évoquant justement le théâtre, sans pour autant tomber dans le théâtre filmé. L’on pense à Marivaux pour le jeu de séduction entre Dujardin et Laurent traversé de subterfuges, de faux-semblants et mensonge qui vont au final les rapprocher. Guitry vient à l’esprit dans l’écriture incisive des dialogues, le rythme de l’action dûment relancée dans un contexte historique que le dramaturge et cinéaste affectionnait.Jean Dujardin joue parfaitement de ce cabotinage maîtrisé qui le caractérise, dans son rôle tour à tour infatué, puis miséreux, face à une Mélanie Laurent plus réservée et calculatrice, instigatrice d’une manipulation qui va lui échapper. L’on rit souvent du meilleur humour, tout en finesse, dans le cadre d’une reconstitution historique de belle facture. L’on ne boude pas son plaisir, de bout en bout, dans ce film qui renoue avec une certaine tradition française sans être passéiste.

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