Criminal Squad

Criminal Squad
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

 

Chaque jour, 120 millions de dollars en liquide sont retirés de la circulation et détruits par la Réserve fédérale de Los Angeles. Un gang de braqueurs multirécidivistes va tenter l’audacieux tout de force de mettre la main dessus. Mais, ils vont se heurter à une unité d’élite de la police qui n’a pas l’intention de jouer dans les règles de l’art. Tous les coups sont permis pour coincer ces gangsters prêts à tout.

Projet coincé dans les arcanes hollywoodiennes depuis près de 15 ans, Criminal Squad met aux prises des braqueurs minutieux et ultra-violents avec une bande de policiers également radicaux. Soit le véhicule idéal pour Gerard Butler et tous les spectateurs en manque de bourrinerie testostéronée.

PATATE DE FORAIN

Avec l’avènement du film de super-héros et des giga-blockbusters tout public, c’est une certaine idée du cinéma d’action musclé qui s’est quasiment évaporée. Un rétrécissement du genre d’autant plus évident que les divertissements ouvertement virilistes n’ont pas forcément la côte à l’heure où l’industrie remet justement en question la représentation des minorités et des genres dans plusieurs de ses productions.

C’est donc à la bonne heure que surgit Criminal Squad, avec ses gros loubards tatoués, ses flics recuits au Jack Daniels, et ses hordes de vilains pas beaux bouffis de créatine. Lesté d’une dizaine de kilos pris pour le rôle, Gerard Butler trimbale sa trogne de guerrier néo-beauf avec un charisme absolument impérial, et nous ferait presque croire à son personnage de super-flic super-badass porté sur la violence gratuite, l’alcool mal distillé, les femmes de petite vertu et l’amour paternel.

Le  projet semble avoir profité de son interminable développement pour happer quantité d’identités remarquables issues de productions populaires. On reconnaît ici un appel du pied lourdingue à Heat, des œillades bien épaisses qui vont de William Friedkin aux Expendables (kamoulox !), une bonne pincée de Training day et une structure qui repompe sciemment une phase devenue emblématique de GTA V. Pour opportuniste que soit la démarche, elle n’en est pas moins très efficace et confère à l’ensemble une richesse décomplexée très stimulante.

GONADES DE MERCENAIRE SNACKEES

Scénariste rodé aux productions qui fleurent bon l’aisselle de mercenairesChristian Gudegast passe ici pour la première fois derrière la caméra. Et s’il s’exécute sans génie, on sent le metteur en scène perpétuellement soucieux de la lisibilité de l’action, toujours maître de son récit, lequel est emballé avec une énergie et un classicisme bienvenus.

Au final, Criminal Squad a beau être bas du front, trop mécanique dans sa structure et ne pas totalement assumer sa gloriole masculiniste de supermarché, il parvient sans mal à ressusciter une forme de divertissement dont les traits sont si épais qu’ils ne vont pas sans une certaine innocence, qui décuple encore le plaisir pris devant ce thriller aux airs de match de catch cosmique.

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