BLADE RUNNER 2049

BLADE RUNNER 2049

Nationalité Américain

 

En 2049, la société est fragilisée par les nombreuses tensions entre les humains et leurs esclaves créés par bioingénierie. L’officier K est un Blade Runner : il fait partie d’une force d’intervention d’élite chargée de trouver et d’éliminer ceux qui n’obéissent pas aux ordres des humains. Lorsqu’il découvre un secret enfoui depuis longtemps et capable de changer le monde, les plus hautes instances décident que c’est à son tour d’être traqué et éliminé. Son seul espoir est de retrouver Rick Deckard, un ancien Blade Runner qui a disparu depuis des décennies…

 

POUR : En utilisant à bon escient le numérique, en construisant en dur au maximum les décors, le cinéaste se fait bon élève et va aussi loin que possible pour créer un decorum époustouflant avec des atmosphères visuelles qui resteront longtemps gravées sur les rétines. (…) Blade Runner 2049 n’est pas une suite, c’est un miracle.

Générant moins de méfiance qu’une suite de film culte habituelle – puisque réalisé par Denis Villeneuve, en odeur de sainteté –, BLADE RUNNER 2049 arrive sur nos écrans 35 ans après BLADE RUNNER, tout pomponné par le chef opérateur Roger Deakins – en passe de glaner son premier Oscar. La beauté du film est fulgurante, aérienne et métallique, qu’il y ait à l’écran un simple arbre mort ou une ville entière qui grouille, qu’on soit dans le minimalisme ou le foisonnement, dans le laiteux ou dans le saturé. Et ce beau, tout contrasté, Villeneuve le capture en plans fixes ou en mouvements légers, comme s’il ne fallait pas troubler l’ordre fascisant de cette Californie post-« effondrement de l’écosystème ». L’aubaine narrative : ça fait de jolies images, comme ces grandes statues de Las Vegas brouillées par une épaisse poussière, des vestiges jonchant les déserts de sable. Villeneuve s’offre de quoi crâner au cadre et il a raison. En parvenant à insuffler du rêve et beaucoup de spirituel à des photogrammes presque mathématiquement construits, son film n’aurait presque d’équivalent que chez Tarkovski ou Kubrick. BLADE RUNNER 2049 honore l’effluve métaphysique et sentimental qui émane du magnifique titre de K. Dick, « Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? », librement adapté par Ridley Scott dans BLADE RUNNER. Bien qu’engoncés dans un film tout entier dévoué au choc esthétique, les sentiments émergent, forts et romantiques. L’officier K (Ryan Gosling, parfaitement employé), blade runner comme Deckard (Harrison Ford), traque les réplicants et, poursuivant sa propre quête identitaire, hante un monde où la chair et le virtuel se confondent jusqu’à la folie, jusqu’au sublime. Comme dans DRIVE ou ONLY GOD FORGIVES, Gosling dévoile dans son regard un monde de frustrations et d’espoirs. C’est lui qui nous raccroche au récit quand le beau ne suffit plus, quand l’abstraction veut tout manger, quand le film devient trop long, complaisant. C’est sa solitude, bouleversante, qui empêche BLADE RUNNER 2049 d’être une errance vide de sens. Car du film, tout en force, on tire des sensations brûlantes, une profonde tristesse, on retient le score éreintant et parfait de Benjamin Wallfish et Hans Zimmer – plus du sound design que de la musique, d’ailleurs –, mais Villeneuve échoue à lui donner ce petit truc en plus qui le rendrait intellectuellement stimulant, visionnaire.

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