Atomic Blonde

 

Atomic Blonde

 

Nationalité américain

 

L’agent Lorraine Broughton est une des meilleures espionne du Service de renseignement de Sa Majesté ; à la fois sensuelle et sauvage et prête à déployer toutes ses compétences pour rester en vie durant sa mission impossible. Envoyée seule à Berlin dans le but de livrer un dossier de la plus haute importance dans cette ville au climat instable, elle s’associe avec David Percival, le chef de station local, et commence alors un jeu d’espions des plus meurtriers.( Atomic Blonde )

 

L’action lui va à ravir. Charlize Theron ne change pas de cap. Après Prometheus, Blanche-Neige et le chasseur et Mad Max Fury Road, l’actrice à la beauté la plus froide de Hollywood rempile dans le pur divertissement musclé, et ce après un rôle déjà carnassier dans Fast & Furious 8 en avril de cette même année. C’est désormais dans l’action qu’elle voit son féminisme prendre les armes. Avec Atomic Blonde, hors de question de laisser les cascades, bastons, hectolitres de sang, voire même les belles brunes, à ces messieurs. Dans tous ces domaines, les femmes sont aussi douées que les mecs, semble-t-elle vouloir nous dire systématiquement à l’écran. Voire même plus.Ce message en filigrane sert de fil conducteur à cette série B tordue qui, avec Keanu Reeves aux premières loges, aurait été décrite comme gonflée à la testostérone, et on aurait appelé le jeu de massacre… John Wick 3.
Mais voilà, l’héroïne aux visages multiples est une femme, agent secret entre James Bond et Jason Bourne, des dures à cuir qui ne se laissent pas marcher sur les talons hauts, et qui cognent jusqu’à la mort, en parfaite chienne de garde de Hollywood.
Le concept rend justice à Theron, dont la présence glaciale rend le rôle implacable. Donnant de sa personne dans les impressionnantes scènes de courses-poursuites (certaines parmi les plus époustouflantes du genre), de bagarres et de sexe 100% au féminin, elle n’est pas là pour obtempérer. Le monde souterrain de Berlin lui appartient et, lâchée à la fin des années 80, dans une Europe en proie au chaos et à l’espoir (la chute imminente du Mur), elle est l’agent trouble qui va mettre la ville à feu et à sang, pour le plus grand plaisir des spectateurs qui cherchent une alternative aux sempiternelles productions lisses américaines.Politiquement incorrect, ce noyau dur de l’action américaine tranche par son cadre européen déliquescent et peu affable, ses idées démentes (l’hommage étrange à Tarkovski lors d’une scène en forme de mise en abyme), son sens véloce du rythme et son jusqu’au-boutisme dans la chorégraphie des échauffourées. Le tout sous une bande-son eighties improbable, développée à l’excès, et qui va probablement injurier le bon goût musical de la nouvelle génération à qui on n’épargnera pas la durée des morceaux enchaînés dans leur quasi intégralité… Parfois Atomic Blonde s’apparente à un féroce vidéo-clip, où chaque scène est sublimée par les morceaux européens du Berlin eighties : Peter Schilling, The Cure, Depeche Mode, Falco, Nena, New Order et forcément Bowie… La classe !
Comme le film est un brin iconoclaste et pervers, la présence de James McAvoy n’en que plus opportune. La star de Split, Trance et Ordure ! s’amuse une fois de plus à la démesure dans son interprétation, forgeant un peu plus sa solide réputation d’acteur azimuté.
Ce divertissement estival, pas si inoffensif que cela, à tout du film culte en devenir, n’en déplaise à ses détracteurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *