Action ou vérité

Action ou vérité

Interdit aux moins de 12 ans

 

Un simple jeu innocent d’Action ou Vérité entre amis se transforme en cauchemar sanglant quand quelqu’un – ou quelque chose – commence à punir ceux qui mentent – ou refusent de jouer.
Un film d’épouvante réservé aux seuls adolescents, qui manipule habilement les ficelles du genre et saura aisément les séduire. Les plus de 20 ans devraient s’abstenir d’y jouer. Ils ne sont pas ciblés par cette production Blumhouse, qui ne cherche à aucun moment à égaler les réussites plus mâtures de Get out ou Split.Notre avis : Si l’on évacue la suite de Insidious, Action ou vérité est la première nouveauté Blumhouse de 2018. La série B fait suite aux résultats mirobolants de la firme de Jason Blum en 2017, avec les triomphes de Split et surtout de Get out, qui ont de surcroît connu de vrais bons papiers chez les critiques, ouvrant la maison Blumhouse à un public plus large et même aux Oscars.
En 2017 sortait également Happy Birth Dead, version horrifique de Un jour sans fin. Le procédé était sympa, le résultat bancal, car exclusivement tourné vers le public adolescent qui n’est, il faut le dire, pas des plus exigeants face aux invraisemblances et aux formules délavées.Action ou vérité joue clairement dans cette catégorie. Son scénario se limite à une vision nineties du film d’épouvante, à la Wishmaster, avec un point de départ roublard de spring-break movies… En gros, des teufeurs d’une vingtaine d’années vont se faire prendre au jeu d’un démon, au cœur d’une église mexicaine abandonnée, qui va posséder, non pas leurs âmes ou leurs corps, mais bel et bien le jeu auquel ils se prêtent tous ce soir de cuite, action ou vérité…
Ce jeu, ils devront désormais s’y adonner jusqu’au bout, sans jamais mentir ou refuser une action, sinon la mort s’ensuivra ; elle viendra frapper à chaque fois qu’un protagoniste refusera de prendre au sérieux la malédiction, où quand, tordu, le démon lui imposera des actions particulièrement retorses …

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(C) Peter Iovino – Blumhouse Productions – Universal Pictures

Pas vraiment un film d’horreur : les effets saignants sont très rares, le dernier Blumhouse est comme toujours essentiellement un thriller surnaturel. Les effets spéciaux sont légers, consistant en des hallucinations de distorsion de visages dont sont frappés les personnages au moment où ils doivent répondre truth ou dare. De tels effets peuvent s’assimiler aux vulgaires retouches d’image que nous permettent de réaliser nos applications de smartphones. A vrai dire, c’est basique, économique, mais plutôt efficace (le film a coûté 3.5M$, c’est-à-dire quasiment rien, et en a déjà rapporté 20M en 10 jours).
En cela, Action ou vérité propose un plus. Face à la montée des nanars horrifiques qui pullulent en streaming sur Internet, la série B de Blumhouse a pour elle du rythme, allié à un certain sens du suspense. Pareil mariage donne donc lieu à une efficacité pas même diminuée par le profil de personnages de crétins adolescents qui sont moins désagréables que la moyenne dans ce type ce production… à condition de survivre aux quinze premières minutes et au sempiternel générique d’ouverture, constitué de scènes de fun, entre mômes, qui se défoncent pour fêter la fin de leurs études.

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(C) Peter Iovino – Blumhouse Productions – Universal Pictures

L’idée scénaristique du jeu possédé est aussi basique que les effets spéciaux (Ouija était aussi basé sur un jeu), mais l’on se dit, en cours de film, pourquoi pas. N’est-ce pas là une astuce drôle et sans détour, pour éviter les mensonges qui nuisent au suspense sur la durée ? Au moins ici, les secrets sont vite étalés, l’inutile nous est épargné. Certaines actions sont à prendre au dernier degré, celui de la rigolade adolescente (« je suis un vilain démon et je te demande de coucher avec le copain de ta meilleure amie pour lequel tu brûles d’amour », oh, trop dur…). Et à vrai dire, à ce niveau, il n’y a pas de quoi gâcher son plaisir. L’effet comique assumé fonctionne.
En gros, Action ou vérité est un film bien dans ses baskets, avec une ambiance ténébreuse qui lui sied bien, et une fin amorale qui clôture le produit comme il le faut. C’est ce qui le distingue des nanars patentés comme le re-remake américain de Ring auquel on aurait pu penser, sauf que pour ce dernier, tout était foireux. Truth or dare, lui est fun et généreux. Il faut juste savoir où l’on met les pieds. Il y a des âges où il faut admettre qu’on a fini de jouer…

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